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[Fiche] Doit-on courir après la croissance ?

par Hugo FERELLOC, étudiant à l'IEP de Rennes

Au plan théorique, la croissance s'entend par une accumulation des richesses de plus en plus grande

La croissance économique se définit comme l’accroissement de la richesse produite sur le territoire français sur une période donnée. Le Produit Intérieur Brut (PIB) est l’agrégat qui quantifie cette richesse produite. On mesure donc la croissance par l’évolution du PIB, le plus souvent entre deux trimestres ou entre deux années et sans tenir compte de la variation des prix : on parle de PIB réel. Toutefois, la croissance économique ne permet pas de rendre compte de tous les aspects de l’activité économique.

La croissance économique a tout d’abord été théorisée par Solow en 1956. Il suggère alors qu’elle tire son origine de l’accumulation des deux facteurs de production, le capital et le travail, ainsi que du progrès technique. Il n’explique cependant pas la formation du progrès technique.

De nouvelles théories ont donc tenté de comprendre ce phénomène. En 1964, Becker a mis en avant l’importance du capital humain, c’est-à-dire le rôle joué par l’éducation, la formation et la santé, dans la croissance. Plus tard, en 1990, Barro va quant à lui démontrer la place fondamentale de l’action publique, de ses institutions et des biens qu’elle produit, dans la théorie de la croissance endogène. Il affirme que le taux de croissance est lié positivement à la part des dépenses publiques dans la production, du fait de leurs externalités positives. Enfin, le rôle de l’innovation et des politiques de recherche et développement a également été avancé.

Mais ce modèle cumulatif est mis en cause sur le plan politique notamment pour des questions de soutenabilité

Aujourd’hui, les questions se portent davantage sur les limites de la croissance économique. En effet, telle que calculée par l’accroissement du PIB, elle est très critiquée car elle ne prend pas en compte de nombreuses facettes de l’activité économique comme le bénévolat ou les productions domestiques. Elle ne reflète pas non plus l’impact environnemental que peuvent avoir les activités économiques. La courbe de Kuznets environnementale a même défini une relation positive entre le niveau de revenu par habitant et la qualité de l’environnement, après un certain seuil. Ainsi la croissance permettrait de préserver l’environnement. Cette théorie a toutefois été remise en cause par Prieur qui a démontré la présence d’irréversibilité.

Après avoir connu une croissance annuelle moyenne de 5,3% par an entre 1949 et 1974. La France a connu un ralentissement de la croissance de son PIB. En 2009, la France a subi une année de récession et connaît depuis une croissance atone. En effet, la croissance moyenne entre 2007 et 2012 n’était que de 0,1% par an. La croissance reste néanmoins un objectif majeur des décideurs politiques et l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle font des propositions pour la stimuler. Ils visent ainsi à réduire le chômage de masse, renouer avec la croissance du pouvoir d’achat.

La croissance ne présage cependant en rien de la qualité de vie d’une population. C’est ce qu’a rappelé un rapport du prix Nobel Joseph Stiglitz en 2009 qui a par ailleurs proposé de nouvelles mesures de performance économique et de bien-être. Il a également suggéré de prendre en compte la soutenabilité du développement.

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