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[Fiche] La mixité sociale et scolaire en France

par Paul SCHERER, Etudiant à l'ENS LSH et à Sciences Po.

La population d’élèves français est caractérisée par une faible mixité sociale

Un élève d’origine très favorisée (CSP+ : professions libérales, cadres de la fonction publique, chefs d’entreprise de plus de 10 salariés, …) a presque 2 fois plus de camarades dont les parents sont également issus de CSP+ dans son établissement, qu’un élève dont les parents sont issus d’autres catégories socioprofessionnelles.


La faible mixité sociale influe sur les résultats des élèves : 60% des différences de score en compréhension de l’écrit observés dans le cadre de l’enquête PISA de 2012 sont imputés par l’OCDE à l’établissement dans lequel ces élèves sont scolarisés.

Cette forme de ségrégation sociale a largement été étudiée par la sociologie de l’éducation

La sociologie de l’éducation a identifié différents paramètres pouvant expliquer la persistance de la ségrégation sociale entre les établissements scolaires en France : la ségrégation résidentielle et les choix d’orientation opérés par les parents notamment.

L’espace urbain influence l’espace scolaire : des lieux d’habitation des parents ségrégés alimentent la ségrégation entre les établissements scolaires, notamment par le biais de la carte scolaire, qui est le système d’affectation des élèves selon leur zone de résidence créé en 1963 (Dubet (2004), L’école des chances). Cependant ces deux espaces, ne coïncident pas totalement car les parents peuvent être tentés de contourner la carte scolaire (François et Poupeau (2008), Le sens du placement. Ségrégation résidentielle et ségrégation scolaire). Les choix des parents ont un impact sur la ségrégation scolaire. Ils peuvent être motivés par une stratégie d’entre soi de sorte à accéder aux meilleures filières, et créent ainsi une ségrégation entre les établissements (Van Zanten (2009), Choisir son école. Stratégies familiales et médiations locales). Ainsi un assouplissement de la carte scolaire peut générer des effets négatifs sur les établissements les plus défavorisés.

La sociologie de l’éducation a dégagé un facteur propre à l’institution scolaire, pour expliquer la ségrégation scolaire au sein des établissements. La logique de classe de niveaux favorise des niveaux hétérogènes entre les classes. Or le niveau des camarades de classe influence les résultats des élèves par les effets de pairs (Conseil national d’évaluation du système scolaire (2015), Mixité sociale, et scolaire à l’école).

Des efforts ont été engagés pour combattre les problèmes socio-économiques que posent la faible mixité scolaire

La loi pour la Refondation de l’école de la République de 2013 fait de la mixité sociale dans les établissements scolaires une priorité. Une politique d’expérimentation a été mise en place depuis la rentrée 2016 dans une dizaine de départements pour accompagner l’assouplissement de la carte scolaire : elle définit des secteurs géographiques élargis comprenant plusieurs collèges afin d’y répartir les enfants.

La promotion d’une réelle la mixité scolaire et sociale peut passer par trois leviers : la diversification des parcours scolaires, l’interdisciplinarité et la professionnalisation (Dubet et Duru-Bellat (2015), Dix propositions pour changer l’école).

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