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[Fiche] Pauvreté et exclusion ont un coût social

par Camille BOULENGUER, Etudiante à Dauphine

La croissance économique améliore le bien-être global de la population (welfare) mais la mauvaise allocation de richesse peut créer des situations de pauvreté et d’exclusion. La pauvreté recouvre un ensemble de difficultés matérielles (restriction de consommation, difficulté de logement, accès au soin, déscolarisation) mesurés par des indicateurs monétaires. Des critères d’ordres qualitatifs permettent d’évaluer la progression de la « pauvreté ressentie » tels que l’affaiblissement des liens sociaux voire la désaffiliation sociale.

L’extension de la pauvreté se sont aggravées depuis la crise

Les effets de la crise économique de 2008 ont fortement dégradés le marché de l’emploi exposant les populations les plus démunies à la précarité. L’Observatoire Nationale de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale notait en 2013 que 700 000 personnes supplémentaires depuis 2008 vivent en sous le seuil de pauvreté. A la hausse du chômage (100 000 personnes par an se retrouvent au chômage depuis 2012), s’ajoute « l’accroissement des inégalités de revenu primaire (avant impôt), incomplètement corrigée par le jeu de la redistribution sociale et fiscale » .

De surcroît, la pauvreté a des conséquences d’autant plus néfastes avec baisse de la mobilité sociale intergénérationnelle (« l’ascenseur social ») depuis le choc pétrolier de 1973-75. Outre l’inégalité des chances dans le système éducatif, le poids du capital social des parents et de leurs revenus constituent un facteur non négligeable dans l’obtention d’un emploi qualifié.

Certains groupes sociaux sont particulièrement touchés par l’exclusion. Deux facteurs explicatifs sont retenus : la structure familiale et l’emploi. Les familles monoparentales avec au moins un enfant à charge, les personnes seules et les familles avec plus de trois enfants sont les plus exposés à la pauvreté. Les jeunes sont particulièrement touchés par la pauvreté en raison de la faiblesse de l’intensité de l’emploi et l’absence d’un revenu de remplacement minimum pour les jeunes de moins de 25 ans.

La pauvreté a un coût social

La pauvreté, les discriminations et l’exclusion sont considérées en économie comme externalités négatives, c'est-à-dire qu’elles influent sur le bien-être social sans faire l’objet d’une transaction. Représentant un manque à gagner de l’ordre de 3% à 14% du PIB, la réduction des externalités représenterait une manne économique non-exploitée et permettait d’amortir le système de protection sociale. L’Observatoire Nationale de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale l’impuissance du système de protection social français qui ne permet pas aux allocataires des minima sociaux une réinsertion sociale rapide.

L’exclusion doit être envisagée comme un manquement à l’égalité qui entame le Pacte Républicain. Avec l’arrivée du numérique et les mutations de l’emploi qui découle, la réduction des inégalités socio-économiques est un des enjeux du prochain quinquennat.

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